samedi, 28 novembre 2009
E-prof
our te la faire courte, c'est une sorte de portail d'établissement, accessible par Internet, qui nous permet à l'ensemble de la communauté éducative (personnel enseignant, non enseignant, élèves, parents...) de communiquer, d'échanger des documents, de gérer l'appel, les bulletins de notes... On a des fonctionnalités différentes en fonction de nos profils, tout ça, tout ça.
Ce logiciel a bien entendu été créé par des gens qui n'ont pas mis un pied dans un collège depuis qu'ils ont terminés leur 3e. Comment vous dire à quel point le fonctionnement du logiciel est en phase avec les besoins pédagogiques ou l'organisation d'un EPLE (Etablissement Publique et Laïque d'Enseignement), avec la réalité de terrain, avec le quotidien d'un enseignant, du personnel de la vie scolaire, de l'administration, avec notre vie de tout le jour ?
Dans l'ENT "ils" ont prévu des espaces prévus pour des tas de choses. Par exemple, j'ai un bel espace CDI dans lequel je peux mettre mon emploi du temps (quand j'ai des séances, quand je suis en sortie, en formation, tout ça), des liens, des images, un raccourci vers le catalogue du CDI (quand ça voudra bien marcher), des infos, un peu tout ce que je veux mais pas comme je veux et surtout, après moulte manipulations.
"Ils" ont aussi prévu un espace "ressources numériques" dans lequel on retrouve des onglets "médiathèques", 'liens disciplinaires", "documents professeurs", "logiciels & utilitaires".
Monsieur ENT (le type de la société qui s'occupe du logiciel), lors d'une grand messe très solennel pour laquelle on nous avait parqué dans le refectoire, nous a présenté les différentes fonctionnalité. Pour cet espace, il a laissé entendre que c'était à la documentaliste (non, il ne sait pas qui je suis, il part juste du principe que documentaliste = femme, forcément... Je n'ai même pas envisagé d'essayer de commencre à lui faire admettre que je suis professeur) que revenait la gestion de cet espace. Très content de me faciliter la vie, il a même proposé que chacun mette ce qu'il voulait dans cet espace pour que "la documentaliste reclasse tout ça après".
Parce que j'ai que ça à foutre, c'est bien connu.
Je me suis gardée ça sous le coude pensant qu'il allait se passer du temps avant que les collègues s'en servent. Et voilà qu'hier, déjà (on l'a depuis la rentrée de Toussaint), j'ai vu fleurir un lien dans les "liens disciplinaires". Un liens isolé, certes, mais jeté en vrac dans cet espace. Là, la prof doc que je suis a instantanément anticipé les choses : imaginons que chaque collègue mette un lien, comme ça, en vrac dans l'espace, sans description comme c'est le cas, ça fait environ 40 liens en vrac classés dans l'ordre dans lequel ils ont été enregistrés (oui, c'est tellement bien l'ENT qu'on peut pas classer une liste de dossier par ordre alphabétique par exemple).

J'ai aussi anticipé le message de la Chef qui dit "c'est le bordel, faudrait classer" (en substance, hein, elle n'emploierait pas ce genre de vocabulaire, c'est une femme très distinguée).
Je me suis donc fendue de la création de dossiers (un par discipline) et j'y ai remis le fameu lien.
Puis j'ai envoyé un message à tous mes e-profs de collègues ainsi (copie jointe à ma direction) en expliquant que Monsieur ENT et son logiciel microsoft peuvent penser comme ils veulent mais que si l'espace "ressources numériques" étaient commun à tous, sa gestion devait être commune. Et que pour cela, c'était simple : publier les liens dans les dossiers correspondant à la discipline concernée, et penser à donner des intitulées claires aux dossiers qu'on deposait dans les "documents professeurs".
Et ce matin, un samedi, alors que le collège est fermé, alors que personne (sauf moi...) ne se connecte à l'ENT, j'avais une réponse. une réponse de ma Chef.
En voyant son nom dans ma boite de réception, je tout de suite senté venir la réprimande, une remontée de bretelle en règle qui laisserait entendre que je suis responsable des ressources de l'établissement, y compris les ressources numériques, une remarque acide qui sous-entendrait que je me décharge de mon travail sur mes pauvres collègues de discplines, quelque chose dans cet esprit.
Non, il ne s'agissait de rien de tout ça. C'était un sobre, un concis, sans fioritures de signature ou même de majuscule de début, de mot, un tout simple "bravo".
**Soupir de contentement**
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mercredi, 25 novembre 2009
Flatter son égo

Quand on est prof doc, on n'a pas de programme à suivre, contrairement aux vrais profs profs de discipline. Non, nous, on a des missions. Et notre circulaire de missions, elle date de 1986 (pour la petite histoire, le CAPES de documentation, il date de 1989 donc dans notre circulaire de missions, on n'est même pas "professeur documentaliste", on est encore "documentaliste-bibliothécaire". Mais à part ça, l'Education Nationale se soucie beaucoup de nous.)
Parmi nos missions, il y a la formation des 6e. Il s'agit de les rendre autonomes dans leurs usages du CDI. Un truc comme ça. En fait, il n'est écrit nul part ce qu'on doit leur apprendre exactement. Du coup, chaque prof doc fait à sa façon et ça va de "1 heure en classe entière je vous montre vaguement où est rangé quoi, je vous explique qu'on crie pas au CDI et au revoir" à "je prends chaque classe en demi groupe toutes les semaines pendant deux trimestres".
Moi, j'ai opté pour 4 séance d'une heure en demi groupe pour chaque sixième. On a 5 sixième, ça fait 40 heures en tout. Et c'est déjà pas mal à gérer, je vous assure.
Lundi, j'ai enfin fini ces séances. A la fin du dernier cours, j'ai demandé aux élèves de noter sur un brouillon anonyme ce qu'ils avaient pensé de ces séances, quelle était leur séance préférée, celle qu'ils avaient le moins aimé, etc. J'ai expliqué que ça me servirait à améliorer ces cours pour l'an prochain, puisque je les faisais tous les ans. J'ai précisé qu'ils pouvaient être sincères, que je ne chercherai pas à savoir qui a écrit quoi.
Bilan :
- Le cours préféré est de loin le 3e. Tu m'étonnes, c'est celui pendant lequel on apprend à se servir du logiciel documentaire sur les ordinateurs. Par contre, je pensais que le moins aimé serait le 2e (on apprend à faire une recherche documentaire, avec les étapes de la recherche etc) et finalement, c'est le premier parce qu'il va trop vite, on fait trop de choses.
- Certains sont contents d'avoir un contrôle par cours (au cours n°2, ils ont un petit contrôle sur ce qu'on a fait au 1er cours, et ainsi de suite, puis je fais une moyenne des 3 notes et ça leur donne une note sur 20), d'autres n'aiment pas. ça s'équilibre. Je garderai ça parce que chaque séance repose sur ce qu'on a fait la fois d'avant, donc s'ils ne l'ont pas revu entre temps, autant pisser dans un violon.
- Ils n'ont pas aimé avoir des choses à apprendre par coeur (je suis un bourreau : 4 définitions et les 6 étapes de la recherches documentaires à connaître par coeur... ça fait moins de mot que le corbeau et le renard !)
- Certains trouvent que je ne les fais pas assez participer. C'est relatif, ça dépend vraiment des classes...
- Ils ont été nombreux à écrire que les cours étaient intéressants, qu'ils ont appris beaucoup de choses, que ça les a intéressé, que les photocopies que je leur donnais étaient très utiles pour réviser. Bande de lèches-cul.
Quand à moi, je suis une "très bone prof", "super prof", marrante, sympa, génial(e, ça dépendant des fois), extra, extra-géniale, (hyper) gentil(l)e (avec un l ou deux), "honète", qui explique très bien, avec qui on comprend tout, dont on est "ravis d'avoir écouter [les] cours".
Ah oui, et il paraît aussi que je suis une "super documentatrice"
Quand on dépasse la question de l'orthographe, c'est pas désagréable pour l'égo. ;-)
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mercredi, 18 novembre 2009
Le CDI et la Vie Scolaire

Dans tous les établissements scolaires, la prof doc a le même problème : la gestion des élèves de perm' avec la vie scolaire.
Voici les données :
- on a un nombre X d'elèves qui n'ont pas cours (profs absents, heures de trou dans l'emploi du temps, séchage sauvage...)
- on a une salle de permanence, gérée par les surveillants
- on a un CDI géré par moi-même, ce qui garantie l'objectivité sans faille de cet article.
Pour venir au CDI
- Tu te pointes en début d'heure ("ça a sonné depuis 10 minutes mais j'étais en train de tester le nouveau gloss tenue 84-heures-sans-une -tâche-sur-le-bic-que-tu-machouilles de ma copine Cyrine dans les toilettes du 3e étage alors j'arrive que maintenant")
- tu t'engages à rester jusqu'à la fin de l'heure (en gros, pas d'allées-venues)
- tu viens pour faire quelque chose qui soit en rapport avec le CDI (Pas tenir salon, pas échanger tes cartes magics, pas chronométrer ton sprint du fonds du rayon des documentaires à la première étagère de BD avec saut de haies/fauteuils du coin lecture au passage, pas voir combien de fois tu dois propulser ton rire chevalin à travers toute la salle de travail avant que je te mette une heure de colle...)
En théorie, j'accepte 18 élèves max. En réalité, ils sont 22/25 environ. Suivant les heures, je monte à 30/32 au besoin. Après, je suis obligée de les ampiler le long du mur pour qu'on puisse se déplacer.
Quoiqu'il arrive, je suis Reine en mon domaine : je dis qui, je dis combien, je dis quand.
Sauf quand les surveillants décident qu'ils n'ont pas envie de garder les Kevin de tous poils en permanence et qu'ils mes les envoient. Commencent en général une partie de Ping Pong dans laquelle les élèves font office de balles. Ils viennent au CDI, je les renvoies en perm', ils reviennent à la demande du surveillant, je les refuse de nouveau...
Les surveillants et moi avons une patience d'ange pour ce petit jeu. Ce sont les élèves qui se lassent en premier. Et les élèves, même ceux qui viennent pas souvent au CDI, ils savent tous qu'entre contrarier un surveillant et énerver la documentaliste, il vaut mieux faire face au surveillant.
Hier, j'ai renvoyé un élève avec un message pour le surveillant "Tant que tu ne seras pas titulaire d'un CAPES de documentation (ou à la limite d'un diplôme équivalent), c'est moi qui déciderais qui vient ou pas au CDI et quand celui-ci est complet"
Il a renvoyé l'élève avec un message : "Quoi ?"
Hum...
11:47 Publié dans Lizly's job | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 15 novembre 2009
Mes élèves sont formidables.
18:57 Publié dans Lizly's job | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 novembre 2009
Bordel
Ce matin, je suis arrivée au boulot et j'ai fait une liste.
J'aime faire des listes. Prendre une feuille, un stylo, un surligneur, envoyer valser ma souris et mon clavier, déjà en soit, ça m'apaise. Et une liste finie m'offre quelques minutes béatitude sommaire pendant lesquelles mon cerveau n'est plus en ébulition, pendant lesquelles je ne stresse plus d'oublier quelque chose, pendant lesquelles j'ai un profond sentiment d'avoir podruit de l'utile.
Il est 8h et des miettes de tartines. Je n'ai allumé qu'une partie de l'éclairage du CDI, comme pour dire que la journée n'est pas encore vraiment commencée. Je n'ai pas mis les PC en route du coup les 3 élèves (8h, hiver, vendredi, 3 seulement c'est normal) bouquinent les nouveaux mangas en silence. Mes postes personnels ronronnent, le collège bourdonne, les néons vrombissent au fond de la salle.
C'est un matin à faire une liste.
J'ouvre ma boite académique pour récupérer le mail que je me suis envoyée moi même. Objet : Pense à... Oui, dans mes mails, je me tutoie. Je récolte les post-it sur les cadres de mes deux écrans, je gaule mon agenda pour en faire tomber les mini-listes que j'y glisse sans arrêt, je fauche celle qui est scotchée à côté de mon clavier, je vendange mes idées en vrac.
Et je m'arme.
Mon bic MAIF. Le bic MAIF n'écrit ni trop fin, ni trop gros. Le bis MAIF n'accroche pas le papier, ne le trou pas, ne le froisse pas, ne se débat pas contre la feuille. Et parce que le bic MAIF ne bave pas quand on le surligne.
Une feuille de brouillon car je suis soucieuse de ma planète, organisée, et que j'ai divisé par deux mes aller-retour à l'Intendance (2 étages plus haut) pour ravitaillement papier depuis que j'organise mes brouillons. J'ai deux couvercles de boite à ramettes, les brouillons élèves que les élèves peuvent utiliser, ceux sur lesquels ne sont imprimées aucune information comprometantes, et mes brouillons personnelles.
Mon surligneur. Le rose. Le rose marche mieux que les autres. Le rose m'agresse assez pour que je termine au plus vite les éléments surlignées de la liste pour pouvoir les blancoter.
Ma récolte.
Et je réorganise. Je trie, je reviens, je jette un premier brouillon, je m'y reprend à deux fois, j'évalue l'urgence, je présente ça bien, je dessine de jolies asterisques plutôt que des simples tirés au début des lignes. Elle est belle ma liste. 21 points dont 6 roses à traiter dans la journée.
Je lève les yeux et me permet un soupir satisfait. J'en avais presque oublié mes trois mangakas. J'ai un programme en 21 points à mettre en route. Il n'est pas encore 8h30. J'embrasse ma banque de prêt du regard, à 360 degrés grâce à mon fauteuil pivotant. Cette banque de prêt que j'ai laissé telle que je l'ai trouvée quand je suis arrivée. Ma banque de prêt. Ma banque de prêt.
J'ai commencé ma journée en dressant une liste en 21 points.
J'ai continué ma journée en mettant en oeuvre le 22eme point.
Ok, ok, je n'ai pas tout à fait fini les 6 points roses. Mais maintenant, je peux changer d'ordinateur sans changer de chaise.
Et je goutte la satisfaction de dresser une liste pour, finalement, ne pas la suivre.
20:42 Publié dans Lizly's job | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 09 novembre 2009
"Ne vous stressez pas" qu'il disait

Je sors tout juste d'un cours avec notre 3e poubelle.
"C'est une expérience à vivre une fois dans sa vie" avait dit le collègue qui me les a emmené.
Une fois dans sa vie, oui.
Une seule.
Sans déconner, j'ai encore les extrémités qui tremblent. Et ça n'a rien a voir avec mes crises.
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mardi, 03 novembre 2009
Cherchez l'erreur
Afin d'anticiper la vague de panique des documentalistes privées de leur principal et indispensable outil de travail et d'éviter les multiples coups de fil paniqué des profs docs des quatre coins de l'académie (qui n'auraient aboutis nul part puisque pour le coup, le personnel du rectorat a gagné un jour de congés forcés), le service en charge de nos bases nous a envoyé un mail nous expliquant la situation.
Un mail envoyé hier matin.
Hier matin, sur nos boites professionnelles.
Nos boites professionnelles, un service offert pas l'académie.
Un service offert par l'académie et hebergé, bien entendu, sur le serveur du rectorat.
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jeudi, 15 octobre 2009
Records

8 heures de colle en 2 heures de cours. Qui dit mieux ?
20:10 Publié dans Lizly's job | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 octobre 2009
Chronique d'une journée peu ordinaire
!! le flash infos explose dans la chambre !! Il est 6h. Je me pelotonne sur mon sursaut auroral et sers les paupières. Pendant que France infos déverse les nouvelles du monde sur ma couette, je gratte les dix premières minutes de la journée. Celles qui précèdent le tocsin criard du second réveil, celui qui garantit que je me lèverai.
A 6h15, le désormais conventionnel débat du matin se déroule en silence devant ma penderie débordante et pourtant peu engageante. Je rouspète en silence contre mon incapacité à dresser une garde robe correcte, décroche une jupe, une deuxième, tranche pour la troisième et sors le fer à repasser. Je ne repasse jamais après 6h30 le matin. On a des principe ou on n'en a pas.
Vers 7h32, je descends de voiture et c'est un collègue d'Histoire qui me tient la portière dans notre parking aussi sinistre qu'il se doit. On était 4 à se garer en même temps. On claque les bises et on remonte dans une fil indienne bien moins affable que celle de Peter Pan. Depuis la cours, on voit les premiers de nos enfants perdus adossés au portail encore fermé. La journée commence.
Quand à 8h l'interminable sonnerie nous rappelle sans ménagement à nos fonctions, le marathon des séances pédagogiques du jour s'ouvre. J'entame le cirque avec le nouveau collègue de français et une demi classe de 4e. J'aime bosser avec lui, la séance roule, les élèves participent, on avance bien. La deuxième partie de l'heure est consacrée à une activité ludique de recherches sur le mode concours de vitesse. Les "madame !" et "monsieur !" fusent de tous les côtés, les rayons sont sans dessus dessous et les élèves s'amusent tellement qu'on dépasse la fin de l'heure sans s'en apercevoir.
L'heure suivante, je n'ai pas d'élève, ce qui arrive régulièrement entre 9h et 10H. Je vaque dans les étages, croisant ici et là la Principale, le secrétaire, une CPE, un pion ou deux. Le temps file mais j'ai regagné mes peinates pour assurer une récré d'environ 50 élèves, dont la moitié de prêts ou de retour, une demi douzaine de demandes de photocopie, une moyenne de deux questions par élèves. J'ai plus de bras que Shiva me semble-t-il et cette fois, l'interminable sonnerie teinte comme une levée d'écrou.
S'ensuit une heure avec des FLS motivés et enthousiaste, soigneux dans leur travail mais tellement efficace qu'on achève la séance prévue avant la fin de l'heure. Ils finissent tous avec un livre et un silence studieux règne dans la pièce. J'en vis d'autant plus mal la demi heure qui suit pendant laquelle je me suis laissée débordée sans trop comprendre comment ni pourquoi : j'ai 37 élèves dans le CDI, dont cinq fantômes qui ne sont se sont pas inscrits sur la liste. Je lance un appel à la cantonnade, je reconte, vérifie, redemande à la salle qui se contrefout de ce que je peux dire, je passe groupe par groupe pour demander qui n'est pas inscrits, découvre ainsi 3 de mes 5 fantômes, reconte encore, demande même à Kevin de reconter pour voir, commence à pointer la liste avec l'aide de Kevin et Kevin, émoustillés comme s'il s'agissait d'une chasse au trésor pour découvrir que mes deux fantômes m'avaient affirmés dix minutes plus tôt être bien inscrits.
Personne ne vont prévient que, quand vous passez le CAPES de doc, vous entrez dans l'équipe de Goshtbusters.

Sila pause déjeuner est bien méritée, elle est aussi amputée de 10 minutes (sur 55), temps nécessaire pour trouver un surveillant pour lui donner mes papillons d'heures de colle. Seulement 2, je me suis bien tenue.
Sur la digestion, je passe une heure avec mon club lecture et me régale. Les gamins sont intéressés et intéressants, ils trouvent des questions pertinentes et franchement intelligentes, ils s'expriment avec aisance, j'en reste sur le cul. Je m'efface et les laisse faire, calmant simplement de temps en temps le débat qui s'embrase. Cette séance promet une bonne année de club et je savoure d'avance.
Contre coup dans l'heure qui suit avec un groupe de 6e. Un élève, un seul, un qui ne paie pas de mine comme ça, mais à lui tout seul, il pollue le cours en intervenant à tout bout de champs, n'arrête pas de se lever, ne se calme pas même une fis isolé, même une fois que j'ai son carnet sur mon bureau. Les regards des autres sont amusés les premières minutes, lassés au bout d'un quart d'heure, agacés assez vite après cela. Je finis par lui promettre une heure de colle par intervention qui n'a rien à voir avec le cours, prenant les autres à témoin, et obtient ainsi 30 minutes de silence boudeur. On boucle le cours dans les limites du temps additionnel, juste à temps pour que le groupe de 5e de l'heure suivante déboulent.
En temps que T2 (titulaire 2e année), je n'en suis qu'à ma 3e rentrée. Sur ces 2 années scolaires et un mois, j'ai du donner un peu plus de 200 heures de cours. Il y en a 5 dont je me souviendrai toute ma vie pour les avoir très mal vécue,de différentes manières, et celle-ci en était une. J'ai passé deux heures d'insomnie à me demander comment j'avais pû me laisser déborder de la sorte cette nuit, à m'en vouloir, et à en vouloir à la collègue qui les a envoyé sans me donner de liste, sans leur donner un vrai sujet de recherche, sans leur expliquer ce qu'ils devraient faire de leurs recherches, et sans me donner à moi autres choses que 3 vagues lignes de sujets de recherches assez denses et peu précis pour en faire une thèse. Je canalise comme je peux, je me laisse déborder, je fais avancer ceux qui travaillent, laissant les autres ne rien faire tant qu'ils le font en silence, je passe plus de temps à faire de la discipline qu'à les aider dans leurs recherches, j'ai baissé les bras de manière absurde. Pourquoi je n'ai simplement pas pris les carnets des 4 perturbateurs ? Pourquoi je n'ai pas calmé le jeu en faisant assoir tout le monde et en exigeant une minute de silence complet ? Pourquoi je n'ai pas renvoyé les délégués réclamer les informations nécessaires à la prof ? Pourquoi je n'ai simplement pas renvoyé tout le groupe en cours avec un mot qui rappelle que s'ils n'ont pas un travail précis à faire je ne peux pas le leur faire faire ?
Après ça, j'ai sauvagement décidé de fermer le CDI pour la récré, histoire de survivre à la dernière heure de cours. Heure que je passe, comme en début de journée, avec le nouveau collègue de français et une de nos classes préférées. Je suis cassée mais le cours se lance bien et j'arrive à retrouver quelques ressources. Comme le matin, la séance marche bien, ils s'amusent à faire des recherches pourtant assez compliquées, prenant ça comme un défi à relever.
A la sonnerie, mes rayons sont à peu prés en place, les chaises sont sous les tables, le collègue reste avec moi pour débrieffer la séance. Je lui parle aussi de l'heure précédente. Il est sympa et compréhensif mais je sais qu'il n'a pas ces problèmes de discipline et qu'il ne me dit pas ce qu'il pense vraiment que j'aurais dû faire.
17h30 : Je quitte le collège avec une heure de retard. Et oui, il y a un minimum vital à fournir dans la gestion du CDI, et aujourd'hui, je n'ai pas pû le faire. J'envoie un mail à la collègue d'allemand pour lui raconter comment se sont comporté ses 5e. Je suis prudente dans mes formultations, mettant en cause "notre organisation". C'est aussi ma faute si la séance n'a pas été mieux préparée, j'oublie trop souvent que plusieurs de mes collègues ne savent pas formuler un sujet de recherche adapté à des collégiens. Je ferme le CDI, y oublie mon agenda, mon livre du moment, ai laissé ma banque de prêts sans dessus dessous...
Tant pis.
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lundi, 05 octobre 2009
Ne pas perdre les comptes

Cette semaine, mon agenda ressemble à ça :
05-10
8h --> 6e1 G1 S2
9h --> 4e1 S2lec A.H.
10h --> FLS G2 S2
13h30 --> 4e4 S2lec A.H.
14h30 --> 6e5 G1 S2
06-10
8h --> 4e2 S2lec A.H.
10h --> FLS G1 S2
12h30 --> Club lecture
13h30 --> 6e5 G2 S2
14h30 --> 5e4 SRech C.B.
15h30 --> 4e3 S2Lec A.H.
08-10
8h --> 6e2 G1 S2
9h --> 5e3 C.E. S2Pol C.S.
10h --> 6e1 G2 S2
11h --> 4e5 S1lec A.H.
09-10
9h --> 6e2 G2 S2
Mais si, mais si, les abreviations, ça simplifie les choses !
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