jeudi, 31 décembre 2009
1, 2, 3, 4 jeudi (14) Spécial photos de vacances
1 - Bibliothécaire... Documentaliste...
"Le bibliothécaire aime le livre comme le marin aime la mer. Il n'est pas nécessairement bon nageur mais il sait naviguer. L'océan du savoir qui grise tous les savants, rend modeste le bibliothécaire. La bibliothèque est ce lieu indispensable où le savoir décante.
Regardeze comme cet océan furieux se calme dans la bibliothèque !
Le bibliohtécaire sait lire les livres sans les ouvrir. Son regard transperce les couvertures. Il visite la page de titre, l'auteur, les éditeurs, va directement au colophon, relève la date, le format, le nombre de pages, s'attarde sur la table des matières, vérifie s'il y a des index.
Il évalue enfin sa robustesse et la qualité de son papier, celle de sa mise en page et de son impression.
Tout est dit. Si les auteurs savaient cela, ils feraient de faux livres uniquement pour les bibliothèques."
Quatrième de couverture de MELOT, Michel. La Sagesse du Bibliothécaire. L'oeil Neuf éditions, "Sagesse d'un métier", 2004, 109 p.
Je n'ai lu que ça.
Je l'ai acheté.
2 - Voyez-vous ?
Depuis que ma grand-mère occupe cette appartement, je vois parmi les motifs de son papier peint un bonhomme au très large sourire, au yeux en forme de triangle, sans nez, mais avec une très grosse tête, pas de cou ni de tronc, mais deux jambes. Et une paire de chaussures.
Est-ce que toi aussi tu le vois ?
3 - Souvenir d'enfance
Mon père est un titinophile convaincu qui n'a pas manqué de tenter de nous communiquer sa passion, à coup de bandes dessinées lues en famille, de citations, de références, et...
... et de cette petite balade. Dans la rue où vivait ma grand-mère, il y avait un passage couvert (qui existe toujours), tout au long duquel se repartissent quelques commerces. Le bout de ce passage se rétrécit nettement, et après un coude, donne sur cette ouverture étroite. Sur le mur en maintenant repeint de blanc, face à cette porte, quelqu'un avait taguait à la bombe noir le symbole des Cigares du pharaon. Et mon père me soulevait pour que je puisse le toucher du bout des doigts.
Le mur a été repeint depuis quelques temps déjà. Mais il est tellement bien gravé dans ma mémoire de gosse que je vois encore ce dessin grossier, que je ne peux pas m'empécher de tendre discrétement les doigts.
Je ne sais pas quand est-ce que je retournerai chez ma grand-mère. Je ne sais pas dans quelles conditions, pour quelle occasion. Je ne sais pas si je pourrais emprunter de nouveau ce passage, tendre les doigts, et ne pas avoir les larmes aux yeux.
4 - Offrez lui des fleurs
Depuis toujours (oui, quand vous commençez avant d'avoir passé deux mois d'existence, c'est depuis toujours), je m'en va régulièrement à la Capitale, voir ma famille paternelle. Mon arrière grand-mère, mon grand-père, mon grand-oncle, ma grand-mère, ma grand-tante, mon oncle. Puis plus rarement, plus lointain, une autre grand tante et son époux, un cousin de mon père et son fils...
Sur les dix cités, quatre seulement n'ont pas été enterrés à ce jour.
En octobre 2008, c'était au tour de ma grand-mère, partie en quelques jours, comme ça. Pfiut.
Depuis, Paris, ce n'est plus pareil. On a tronqué la carte et le plan du métro, on a amputé mon familier, on m'a enlevé des repères. Ce n'est plus la même ville, ce n'est plus la même vie. Et quand on s'en va au cimetière, ce n'est plus seulement pour mon grand père qu'on achète des fleurs.
Je lui ai acheté une rose rouge. Une rose idiote qui aura sans doute gelé la nuit même. Mais depuis la mort de mon grand père, de temps en temps, je lui offrais une rose rouge...
Non, Paris ne sera pas toujours Paris.
All pix by Lizly
Cliquez dessus pour les voir en grand.
PS : Je ne suis pas sponsorisée par Monceau Fleur.
PPS : Je sais, j'ai plombé l'ambiance de reveillon, que c'est un post très sinistre pour terminer l'année, mais c'est au cas t'es pas compris pourquoi j'aime pas les fêtes, cette année en particulier.
13:51 Publié dans In Lizly's camera, Lizly's 4 jeudi, Lizly's books | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 23 septembre 2009
La poétique du filmolux
Hier, j'ai passé une partie de ma journée en compagnie de la sélection CM2-6e du prix littéraire des Incorruptibles.
Chère Madame ma grand-mère
Des Etoiles dans le coeur
L' Ami l'iguane
Les Sages Apalants (qui se déplacent à pas lents)
Sous la peau d'un homme
Un Hanneton dans le plafond.
J'aime la poésie de tout ces titres mis bout à bout.
10:38 Publié dans Lizly's books | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 03 juillet 2009
Et vous, vous faites quoi pendant vos vacances ?

Dans ma bibliothèque, j'ai un rayonnage réservé aux livres à lire :
- Moby Dick, Herman Melville
- Théorème, Pierr Paolo Pasolini
- Fais pas ta rosière ! R.A. Chandler
- L'Art du roman, Milan Kundera
- Petit traité de toutes les vérités sur l'existence, Fred Vargas
- Le Vol des harpies : Ki et Vandien 1, Megan Lindholm alias Robin Hobb
- Contes de Terremer, Ursula Le Guin
- Krondor : la guerre des serpents 1 : L'Ombre d'une reine, Raymond E. Feist
- Krondor : la guerre des serpents 2 : L'Ascention d'un prince marchand, Raymond E. Feist
- Krondor : la guerre des serpents 3 : La Rage d'un roi serpent, Raymond E. Feist
- Krondor : la guerre des serpents 4 : Les Fragments d'une couronne brisée, Raymond E. Feist
- Les portes de la mort 3 : La Mer de feu, Margaret Weiss et Tracy Hickman
- Les portes de la mort 4 : Le Serpent Mage, Margaret Weiss et Tracy Hickman
- Les portes de la mort 5 : La Main du Chaos, Margaret Weiss et Tracy Hickman
- Les portes de la mort 6 : Voyage au fonds du Labyrinthe, Margaret Weiss et Tracy Hickman
- Les portes de la mort 7 : La Septième porte, Margaret Weiss et Tracy Hickman
- Pauvres bêtes, Charles Ogden
- Les Guetteurs d'Azulis, Eric Boisset
- The Midnight Library volume 1, Nick Shadow
- William Santrac : La Cité des pirates, David Pouilloux
- Tom Bursteen : Le Gardien d'Oniriaa, Emmanuelle Advenier
- Apocalypse Maya, Frédéric Lorient
- Le Souffle du diable, David Gilman
- Joséphine de Lavalette, Anne-Sophie Silvestre
- Le Livre noir des secrets, F.E. Higgins
- L'enfant qui savait tuer, Matt Whyman
- Comment parler des livres qu'on n'a pas lu ? Pierre Bayard
- Le Soldat Chaman 3, Robin Hobb
- La Belle Lurette, Henri Calet
- Le K, Dino Buzzati
- L'autre, Andrée Chedid
- 20 000 lieues sous les mers, Jules Vernes
- Corniche Kennedy, Maylis de Kerangal
Puis j'ai rapporté un peu du CDI chez moi pour les vacances :
- Quartier Lointain (l'Intégral), Jirô Taniguchi
- Ensemble, c'est tout, Anna Gavalda
- Comment écrire comme un cochon, Anne Fine
- Afghanes, Suzanne Fisher Staples
- Jamais sans ma fille, Betty Mahmoody
- Kes, Barry Hines
- Les Enfants du Titanic, Elisabeth Navratil
- La Plus grande lettre du monde, Nicole Schneegans
- Le Gone de Chaâba, Azouz Begag
- Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran, Eric-Emmanuel Schmidtt
- Derrière les barreaux : Les prisonniers en France, Philippe Godard
Et j'en ai deux en commande :
- Le Choix d'aimer, Malory Blackman
- Le Clan des Otori tome 5, Lian Hearn
46 livres à lire en 59 jours de vacances, ça fait une moyenne de 3/4 de livre lu par jour.
Et là, mes élèves poseraient leur question fétiche : Et ça fait combien de pages, Madame ?
Madame ne préfère pas savoir. ;-)
PS : Ils sont donnés dans un ordre qui n'en n'est pas un c'est à dire celui dans lequel ils sont empilés
PPS : Frangin, oui, je sais, il faut que je lise les Portes de la Mort. J'attaque le tome 3 aujourd'hui, promis.
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lundi, 15 juin 2009
Il y a des soirs où on ne s'en sort pas avec ses propres mots, alors on pique ceux des autres.

" Les quatre du fond n'écoutait pas.
- Kevin, ça ne t'intéresse pas le sens de l'existence ?
- Quoi ?
- On dit pas "quoi".
- Comment ?
- ça a pas l'air de t'intéresser le sens de l'existence.
- Si.
- C'est quoi, alors ?
- J'sais pas moi.
- Dans ce cas, écoute les autres et tu sauras. Frida, est-ce que tu peux nous dire comment on donne un sens à l'existence ?
Frida ne cherche pas, elle trouve.
- Je sais pas moi, par'emple si on croit en Dieu et tout.
- Bien, très juste. Les gens qui croient en Dieu, c'est une manière de donner du sens à l'existence. Et ceux qui croient pas, ils font comment ?
Les quatre du fond n'écoutait pas.
- Kevin, qu'est-ce qu'on dit à ceux qui pensent qu'on ferait mieux de s'tirer une balle tout de suite ?
- J'sais pas moi.
- On les laisse faire ?
Lydia a parlé sans lever le doigt.
- Le sens c'est aider les autres aussi.
- On lève le doigt quand on veut parler. Les aider comment, Lydia ?
- J'sais pas moi, leur donner à manger.
- Oui c'est ça, c'est bien, on peut par exemple se rendre utile par ce qu'on appelle l'engagement humanitaire, des choses comme ça. Et comment, sinon ?
Elle a souri.
- Leur apprendre des choses.
- A qui ?
- Aux autres gens.
- Donc un prof, sa vie à du sens ?
- Ben oui, parce qu'il a une mission et tout.
- Tu veux dire qu'on l'a mis sur terre pour ça ?
- P't'êt. J'sais pas.
Rangée de gauche, premier rang, Dico est sorti de son silence distant.
- N'importe quoi, l'autre. Eh m'sieur, est-ce que vous à la naissance vous vouliez être prof ?
- Non. A deux trois ans seulement.
Se retournant vers Lydia.
- Mais ouais, voilà, c'est n'importe quoi ce qu'elle dit l'autre."
Entre les murs, François Bégaudeau
Deux remarques :
1 - Même chez Bégaudeau les chieurs s'appellent Kévin
2 - Je sais que vous vous réjouissez de savoir que j'ai une mission et tout ;-)
20:02 Publié dans Lizly's books | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
samedi, 30 mai 2009
Tous les livres de ma vie ou Cale sèche

Depuis quelques jours, je me suis lancée dans un de ces trucs bizarres qui me prennent d'un coup et qui m'emmènent je ne sais pas trop où.
J'ai décidé de faire quelque chose que je veux faire depuis longtemps et qui part d'une idée de ma Tite Soeur : tenir un registre de mes lectures. Mais quand on est comme moi une grosse lectrice de 24 ans, commencer un tel cahier alors qu'on fête son quart de siècle dans 1 mois et demi, ça exclu pas mal de livres (toux ceux que j'ai déjà lus, hein).
J'ai donc pris le carnet dans le bon sens pour y inscrire ma lecture du moment (Le premier tome du Monde de Narnia) (on ne se moque pas, je suis documentaliste, j'ai le droit. Et le devoir). Puis j'ai retourné le cahier pour noter en partant de la fin tout ce que je me souviens avoir lu.
Constats en vrac :
- aligné comme ça sur les pages d'un cahier, ça fait beaucoup et pas beaucoup à la fois
- le plus souvent, je suis très surprise de ce qui m'est resté des livres. Je me souviens souvent plus de l'ambiance et de mon état d'esprit du moment que de l'histoire en elle-même. Et je les associe pour la plupart à ce que je vivais à cet époque plus ou moins lointaine. Ainsi, quelques titres ont refait surgir des tas de souvenirs auxquels je n'avais pas pensé depuis très longtemps.
- Le mode de fonctionnement de mon cerveau est passionnant. Que je m'explique : je note en vrac les titres (et les auteurs quand je m'en souviens) dans l'ordre où ils m'arrivent. A la relecture, le cheminement de ma pensée ressort. Et voilà comme je passe de "La machine infernal" de Cocteau à "Raz de marée sur Aquarius", un pas si mauvais bouquin de science fiction pour jeunesse imposé par ma prof de français en 5e, de "Mme Bovary" à "Dracula", de la "Métamorphose" de Kafka à la série de "L'étalon noir" (oui, moi aussi j'ai eu 12 ans).
Mon problème, c'est que là, je sèche un peu. J'ai noircie 13 pages de petits titres sérés mais je sais que j'en oublie un paquet. J'ai repris ma bibliothèque, mes blogs, mes fiches pédagogiques de séances lectures. J'ai dépouillé ma bibliothèque, j'ai sollicité une copine de fac, j'ai ressortie de vieux calepins. Et là, je sèche. De temps en temps un titre me revient pas hasard, par-ci, par-là... Mais je sèche.
Vous vous rappelez, vous, les livres que j'ai lu ?
PS : Frangin, c'est quoi le titre et l'auteur de "il s'est pris un canard dans la tête à 1500 pieds"... Mais oui, tu vois de quel livre je parle.
PS : Sinon, si vous savez pas quoi m'offrir pour Noël, je veux la même baignoire
10:06 Publié dans Lizly's books | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 10 mai 2009
Chagrin d'Ecole, Daniel Pennac

"Un autre Jules, l'oncle de mon père, l'Oncle, Jules Pennacchioni, mena au certificat d'études les enfants de Guargalé et de Pila-Canale, les villages corses de la famille ; on lui doit des générations d'instituteurs, de facteurs, de gendarmes, et autres fonctionnaires de la France coloniale ou métropolitaine... (peut-être aussi quelques bandits, mais il en aura fait des lecteurs). L'Oncle, dit-on, faisait faire des dictées et des excercices de calcul à tout le monde et en toutes circonstances ; on dit aussiqu'il allait jusqu'à enlever les enfants que leurs parents obligeaient à sécher l'école pendant la cueillette des châtaignes. Il les récupérait dans le maquis, les ramenait chez lui et prevenait le père esclavagiste :
- Je te rendrai ton garçon quand il aura son certificat !
Si c'est une légende, je l'aime. Je ne crois pas qu'on puisse concevoir autrement le métier de professeur. Tout le mal qu'on dit de l'école nous cache le nombre d'enfants qu'elle a sauvé des tares, des préjugés, de la morgue, de l'ignorance, de la bétise, de la cupidité, de l'immobilité ou du fatalisme des familles."
Ma lecture du moment.
J'adore.
J'adhère.
PS : Frangin, j'ai fini le tome 2. Je lis un peu autres choses (il faut que j'arrête de ne lire que de la fantiasy...) et j'attaques le 3. J'aurais fini les 7 avant la fin des vacances d'été, promis.
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lundi, 13 avril 2009
"Je ne t'aime pas Paulus", Agnès Desarthe

"Quand mon père commençait une phrase par "ma chérie", il fallait toujours s'attendre au pire. C'était comme ça qu'il avait commençait pour m'annoncer la mort de Tata Gilda. Il m'avait dit : "Ma chérie, il va falloir que tu sois très courageuse. Il y a eu un malheur. Immédiatement, j'avais envisagé la disparition de Judith, ou de ma mère, ou des deux, en me disant que c'était triste mais que j'allais effectivement être très courageuse et y survivre sans trop de mal. "Tata Gilda est morte" avait-il ajouté, et là ç'avait été terrible parce qu'il y a des gens qui ne peuvent pas mourir ; il y a des gens à qui ça ne va pas du tout. Quelqu'un comme Tata Gilda aurait du mourir à trois cent ans, ou même à cent ans, mais pas avant moi en tout cas, pas avant tous ces gens qui aurait pu mourrir à sa place sans que ça me fasse ni chaud ni froid."
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