mercredi, 23 décembre 2009

Drôle de campagne

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Ces temps-ci (enfin, des temps qui commencent à dater mais bon), en ville, on peut croiser des affiches représentant des portraits noir et blanc assez chiadés des différents membres de notre conseil municipal, toutes tendances politiques confondues, avec un même slogan :

"Auriez-vous voté pour moi si j'étais séropositif/ve ?"

Je comprends l'idée, hein, "Auriez-vous investi votre confiance en moi, m'auriez vous donné votre voix, si j'étais atteint(e) du SIDA".

Sauf que ça ne marche qu'en partant du principe qu'on a, en effet, voté pour ces personnes. Ils ont tous été élus, on est d'accord. Mais cela ne signifie pas qu'on a tous voté pour l'ensemble de ces gens.

Le slogan prend une tournure étrange si on part du principe inverse. "Vous seriez vous laissé attendrir par mon état ? Auriez-vous fait de la discrimination positive pour le malade que j'aurais été ?"

Et alors là, la campagne tombe complétement à plat.

mardi, 08 septembre 2009

Récurrence matinale

 

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Il y a celle qui s'assoit presque sur l'accoudoir en voulant se caler le plus loin possible du voisin. Elle se cogne, se tortille un peu, cale son sac entre ses genoux tout en gardant la lannière passée autour du torse, se crispe tant et plus, se tasse le mieux possible, si bien qu'un demi siège seulement est occupé à sa place.

Il y a ce derrière proéminent, par contre, qui n'a pas la sagesse d'épargner les strapotins. ça déborde de chaque côté, ça s'étale sans complexe sur l'espace de l'entourage, ça se répand, ça surabonde, ça pululle. ça devrait valider deux tickets au lieu d'un.

Et il y a les voisins de ce mastoque popotin. Celui qui était là avant et qui est géné pour l'autre. Il sait qu'une fois sorti, son siège, au lieu de se relever, restera coincé contre le bourlet de cellulite. Celui qui a hésité à s'assoir car il a pousser sur le chemin inverse son assise, raclant au passage une bonne dose de culotte de cheval.

Il y a le petit gabarit qui se tremousse à intervalle régulier pour raligner sa colonne avec le dossier. ça glisse, ce fichu revêtement.

L'équilibriste, les mains engoncées dans le baggy, n'égocie les hoquets brutaux de la machine grâce à l'équilibre de sa pointure 45.

Ce type, là, dédaigne les précautions anti-grippe A et tente de fusionner avec la barre centrale.

Celle-là découvre dans une vitre la cata qu'elle attribuait au néon de sa salle de bain et tente de rattraper le coup avec ce qu'elle a sous la main. C'est grand, un sac à main, quand on y cherche un morceaux de crayon à paupières.

Il y a le paresseux chroniques qui n'a que deux arrêts à faire. Il économise le moindre pas, alors il reste juste à l'entrée, sous le bip sonore et le signale lumineux orange. En plein dans le passage, oui.

 

 

Puis il y a mois, qui lit. Ou pas.

jeudi, 30 juillet 2009

Tais toi et nage ! (3)

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De l'art de choisir son maillot de bain. Attention, il est bien précisé dans le réglement de la piscine qu'une tenue correcte est exigée. Un maillot de bain, c'est carrément indécent à la base, mais à toi de te démerder pour rendre décente ton incorrection.

Pour les mecs, c'est vite vu, puisqu'ils ont pas le droit aux shorts, à part quelques rares irreductibles du moule bite slip de bain rouge coeur de boeuf ou vert container de recyclable, ils portent des boxers de bain. Noirs ou bleus marine, certains s'autorisant la fantaisie d'un noir à élastique bleu marine ou la prise de risque extrème du noir à bandes grises sur les côtés (oulala)

Pour nous les femmes, ça se complique.

Il y a d'abord l'éternel dilemme du nombre de pièce au maillot.
L'incessante question de la coupe qui doit correspondre à la morphologie, puisqu'un maillot ça ne cache rien.
La philosophie de la couleur (Plus c'est flash, moins on te regarde, non ?), et de l'assortiment avec la serviette, le paréo, le bonnet et les lunettes de piscine (j'avais pensé à un joli camaïeu de bleus, t'en pense quoi ?)
L'importance non négligeable de l'usage (t'as déjà tentée les longeurs de brasse coulée en bikini toi ?)
Et le paramêtre du "dans quoi j'ose me montrer".

Moi, j'ai un deux pièces sportif de fille pas vraiment compléxée mais qui est pas là pour patauger non plus. C'était mon grand défi de l'année : me montrer en deux pièces et en public (mais pas sur le blog non plus, déconne pas, ça c'est le mannequin de chez decathlon bien evidemment). C'est fait. Yahou, on applaudit des deux palmes.

Dans la famille des deux pièces, il y a celui qui suggère plus qu'il ne cache, celui qui est beau sur le cintre mais qui, y a pas à dire, te fait un gros cul, celui qui devait te rendre super sexy il y a 20 ans, celui qui fait rougir de honte toutes les minettes du bassin, celui qui te promet le minimum de marques blanches, celui que tu devrais rammener au magasin dans la minute, celui qui en montre moins qu'un une pièce, celui dont tu rêves depuis le premier jour de ton régime, celui avec lequel tu as tombé ton premier mec, celui qui constitue LA faute de goût, et encore.

Les unes pièces, c'est l'appanage des sportives à qui seraient magnifiques dans un sac poubelle alors dans leur fuseau arena, je te raconte pas, et des autres. Celle qui se dit qu'on remarquera pas son ventre, celle qui privilégie le confort avant tout et qui a bien raison, celle qui a passé l'âge, celle qui déborde de partout, celle qui a bien compris que c'est la tenue réglementaire pour courser ses gosses tout autour du bassin, celle qui a environ 18 modèles de maillots différents, toutes coupes, tous genres et qui fait en sorte de les faire tourner sinon son mec ou sa coloc va l'obliger à en jeter (!), celle qui n'aime pas se prendre la tête, et encore.

Puis ça se combine.

Et j'en oublie.


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Et toi, cest quoi ton maillot ?


mercredi, 29 juillet 2009

Tais toi et nage ! (2)

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Dans ma piscine de prolos, il y a 4 maitres-nageurs.

Je connais pas leurs noms, je leur parle pas. ça tombe bien, eux non plus.

- L'Hystérique. C'est la touche féminine de cette piscine. Elle a une carrure de routier et un robuste organe vocale. Elle soigne son ulcère en hurlant sur les moins de 15 ans. Elle réussi à la prouesse de rendre même ses félicitations agressives (elle est chargée du cours de natation pour les enfants). Elle fait preuve d'un instinct sans faille en matière de psychologie enfantine qui la pousse, par exemple, à beugler contre la petite Melisandre, environ 6 ans, qui pleure parce que, en vrac, elle a froid, elle a peur et elle veut faire pipi. Confiez lui vos enfants.

Mais elle a plein de cellulite et moi j'aime bien savoir qu'il y a toujours quelqu'un au bord du bassin dont les cuisses sont dans un état pire que les miennes.

- Le Faux Jeton. Lui, il fait semblant de pas te voir ou même de pas t'entendre. D'ailleurs, il passe son temps à aller décrocher le téléphone qui n'a pas sonné. Lui adresser la parole demande une stratégie bien menée et un jeu d'acteur hautement subtile qui consiste à s'approcher de lui tout en donnant l'impression de ne pas avoir retenu sa présence puis de le coincer avec un grand sourire et une formule bien polie pour entamer la discussion.

Ou alors tu vas voir quelqu'un d'autre.

- Le Planqué. On ne le voit guère et pour cause. Ses lunettes de soleil sont vissées sur son nez été comme hiver bien que la piscine soit couverte pendant la saison froide, il sévit dans un espace réduit entre les deux vestiaires et le banc, là ou personne ne passe jamais, et il disparaît à intervalles réguliers on ne sait où, tant pis si tu te noies pendant ce temps là.

En même temps, je suis pas sûre qu'il intervienne si tu te noies pendant qu'il est là alors ça change pas grand chose.

- Le Ravi. Un rien l'amuse et on en est heureux pour lui. Il se marre, c'est la touche bonne humeur du bassin. Un gamin qui se jette dans l'eau après avoir pris son élan depuis l'extérieur de la salle, ça le rend hilare. Et tant pis si c'est interdit et si toi qui nageait en dessous à manqué d'y laisser un truc important comme ta tête ou un bras. Tu t'éclates l'orteil contre l'échelle après avoir glissé sur une planche qui trainait là, il se bidonne de bon coeur. Un nageur reste accroché à la ligne d'eau vingt minutes, rendu invalide par une crampe, il se poile. Au moins, lui, il est content d'être là.

 

PS : Madame Kevin aussi a un maître nageur. Océane, elle, a des maillots de bain. Et Antoine.